La Légende dit que la TOUR et le MOULIN de POYALLER ont été bâtis par les fées, une nuit après l' An Mille. Monsieur de BENAC, Seigneur de POYALLER ne vivait que pour la Guerre. Quand celle ci fût finie, il s'adonna au Jeu.
Très vite, sa fortune s'en alla. Pour la refaire il se maria sans pour autant renoncer au Jeu. Il perdit ainsi sa dernière pièce de terre. Triste, ne trouvant pas le sommeil, il se leva, éperonna son cheval et, passant derrière l'église de St-AUBIN, puis non loin de la Chapelle de MAYLIS, il s'arrêta devant une chaumière d'AULES.
Un petit Homme, chassieux et chauve " Petit Pierre ", étonné de le voir, accepte de le recevoir. Sa réputation de Sorcier a attiré Mr de BENNAC qui lui demande de lui permettre de rencontrer le DIABLE. L'homme accepte, et, après avoir préparé un bouillon mêlant Yeux de Crapauds, Peau de Serpent, Sang de Mouche, Langues de Salamandre, Graisse de Porc non salée, et Herbes cueillies, il envoie le Seigneur de POYALER au carrefour du Mus ; là, il devra tracer un cercle par terre avec une Gaule. Arrivé sur place, Mr de Bénac dessine le cercle et, dans un coup de Foudre, la bouche éclairée comme par le feu, apparaît un Homme Noir.
Le Seigneur, frissonnant, lui demande de l'Argent en échange duquel il engage: " Moi, Bénac, seigneur de POYALER me donne Corps et Âme au Diable, à condition qu'il me donne de l'Argent à volonté ", et signe avec une plume et le sang du Diable qui s'était entaillé le bras. Rentré au château, Mr de Bénac s'étendit sur le lit. Rien ne semblait avoir changé.
Il s'en suivit une période mêlée de faste et de mélancolie pendant laquelle le Seigneur affichait une belle image, gagnait beaucoup d'argent, à l'Extérieur tandis qu'au château, il était triste et taciturne. Pas d'enfants ne venait égayer le couple et le château. Jusqu'au jour où la Guerre, opposant l'Europe au peuple Turc secoua son âme de Guerrier.
Sûr que l'épée ne pèserait pas autant que cette plume d'enfer et que Dieu lui pardonnerait sa faute, il s'en alla, quittant avec douleur sa belle dame. Seule, sans nouvelles de son Seigneur qui combattait en Turquie, elle pensait sans cesse à l'être aimé et lui composa une charmante poësie. De son côté, Mr de Bénac se battait gaillardement jusqu'au jour où il fût porté disparu.
Sept ans de deuil et de tristesse s'écoulèrent sur les Terres de POYALER, pendant lesquels la jeune Dame ne cessa de pleurer son Seigneur disparu. Un jour, pourtant, elle succomba aux pressions des siens et accepta de se remarier.
Cependant, le seigneur, prisonnier, avait échappé à la Mort. Devenu Serviteur d'un Maître inhumain, il était amaigri et avait perdu tout Pouvoir. Un soir , l'Homme Noir, celui-là même qui lui avait dérobé son Âme au MUS, arriva vers lui. Il lui proposa de le ramener à POYALER sur son dos afin d'éviter le remariage de sa femme. Le Seigneur accepta et arriva à Poyaler le lendemain matin vers 9 h. Le village se réveillait sur un air de fête.
Homme barbu et maigre, le teint halé, déguenillé, Monsieur de BENAC avait l'allure de mendiant. Il demanda à parler à la Dame de POYALER, prétextant qu'il lui donnerait des nouvelles de son mari. Tous s'en moquèrent, mais la Jeune Dame voulut l'écouter. Ce qu'elle fît, sans le reconnaître.
Ce n'est que quand il siffla son chien de chasse et interpela son cheval que ceux-ci réagirent immédiatement, entraînant avec eux la jeune Dame, pleurant de Bonheur de retrouver son mari. Elle lui proposa à manger, mais Mr de BENAC ne voulut manger que des noix. Il mangea la pulpe et jeta les coquilles au chien.
Celui-ci, furieux, bondit dans un aboiement terrible, perça le mur de la Tour et s'enfuit ; on ne le revit plus. Le chien était le Diable et son dépit était extrème. Le trou qu'il perça, il existe encore; personne ne put le fermer. Tous les Noyers de POYALER furent déracinés. On dit que si Mr de BENAC avait bu du vin, POYALER n'aurait plus de vignes, de même pour tout ce dont il aurait mangé à ce moment-là.
Le Seigneur de Poyaler se convertit et fit construire la Chapelle de Poyaler à l'endroit même où le Chien de Chasse et le Cheval de Bataille l'avaient reconnu. Enfin, il pût vivre heureux avec la Jeune Dame qui devint si vieille qu'elle n'eut plus aucune dent.





